jeudi 24 décembre 2015

Roms: des personnes en situation irrégulière et une classe ethnique comme modèle d'intégration

Jeff Pachoud AFP


A Saint-Genis-les-Ollières, dans la banlieue lyonnaise, le préfet met en place une classe ethnique et choisit des Roms en situation irrégulière comme modèles d'intégration

On croyait le socialisme à la française disparu corps et âme avec les renoncements successifs de Hollande à toutes ses promesses électorales. Et bien non. Qui a dit que le parti socialiste était un parti raciste avec des dirigeants qui appellent à la haine ? (1)
Il existe encore en France des préfets généreux, humanistes et la main sur le cœur qui n’hésitent pas une seconde à violer la loi pour imposer leur vision de la solidarité. Les socialistes peuvent s’en féliciter, les autres peuvent au choix s’en indigner, en pleurer, ou y trouver une raison supplémentaire de voter Front National.

Saint-Genis-les-Ollières est une petite commune de l’ouest lyonnais qui compte un peu plus de 4 000 habitants. Pour le plus grand bonheur de ses habitants, elle abrite un terrain appartenant à l’état et sur lequel sont déjà hébergés 85 demandeurs d’asile.
Pas totalement désintéressé et soucieux de marcher dans les traces de son prédécesseur, Michel Delpuech, nouveau préfet du Rhône, décide de lancer « son » programme pour les Roms : « I2E » comprenez « Intégration par l’Ecole et l’Emploi ».
L’idée est de casser les 3 gros bidonvilles de la région lyonnaise qui comptent environ 400 habitants et d’en choisir 150 sur lesquels on va tenter une expérience « d’intégration » en signant un contrat sur 3 ans. Pour cela le préfet a besoin d’un terrain. Il choisit celui de Saint-Genis-les-Ollières.

Des travaux effectués en violation du code de l’urbanisme

Le maire ainsi qu’une bonne partie de ses administrés ne l’entendant pas de cette oreille commencent par protester. Se croyant dans un état de droit, le maire engage même plusieurs référés devant le tribunal administratif afin de faire annuler les travaux d’aménagement du site. Mais lorsque le Directeur Général des Services de la mairie vient sur le site notifier aux entreprises la décision de la mairie de saisir le tribunal administratif qui implique obligatoirement une suspension des travaux, il est interpellé par les gendarmes pour… violation de domicile.
Ni une ni deux, le lendemain, toute la presse aux ordres titre sur la tentative du maire de « stopper illégalement les travaux ». L’explication donnée par la préfecture aux journalistes est que le terrain appartenant à l’état, le maire n’y aurait aucun pouvoir. En gros, on est dans un état de non-droit où la loi s’applique partout sauf sur les propriétés de l’état. Vous comprenez ? Sauf que cette explication est fausse et mensongère.
L’article L600-3 du code de l’urbanisme prévoit très clairement qu’une suspension des travaux peut être obtenue dès qu’une requête en annulation d’un permis de construire est déposée et ce, bien évidemment, quel que soit le propriétaire.
Il paraît que lors de l’audience, le juge ne s’est d’ailleurs pas privé de le faire remarquer au représentant de la préfecture qui l’a regardé avec dédain en mode : « si tu savais où je me le mets ton article L 600-3 étant donné que toi et moi on sait très bien que tu vas rejeter leur requête. »
Bon, attention, si jamais vous vous prenez un référé contre un permis de construire par la mairie de votre domicile, ne vous amusez pas à jeter le fonctionnaire municipal à coups de pieds dans le c… et à continuer les travaux. Cette magouille illégale n’est valable que si vous êtes préfet. On me suggère que ça peut aussi marcher si vous êtes élu socialiste. Je ne sais pas. Il faut voir.

Une classe ethnique hors la loi

Le projet « I2E » prévoit donc une insertion par l’école. Mais quelle école ? L’école de la République ? Vous rigolez ? Ce sont des Roms voyons, pas des citoyens comme les autres. Pas plus qu’ils ne sont égaux aux autres citoyens devant la loi, les enfants Roms de Lyon ne sont égaux devant les autres enfants pour leur droit à l’éducation. Et puis, à Saint-Genis, le préfet et ses amis socialistes font du business, pas de l'intégration. Faut pas rêver.
Les enfants seront donc « scolarisés » dans une classe spéciale, bien à l’écart des écoles du secteur et uniquement réservée aux Roms, comme au bon vieux temps de l’apartheid dont certains socialistes semblent nostalgiques.
Il faut dire que la préfecture du Rhône est championne en matière de classe ethnique. En 2013, déjà, elle avait ouvert une classe réservée aux enfants Roms d’un bidonville, dans le même bâtiment que celui de … la police… Tu parles d’une intégration. (2)
Le défenseur des droits avait exigé et obtenu la fermeture de la classe ethnique en soulignant son caractère discriminatoire. Tu m’étonnes.
La loi est pourtant très claire. Tous les enfants présents sur le territoire français doivent être scolarisés. Deux circulaires du 2 octobre 2012 viennent même préciser les modalités de scolarisation des enfants étrangers et bien évidemment, à aucun moment il n’est question d’ouvrir des classes transitoires réservées à des enfants en fonction de leur origine ethnique.


Un contrat avec des personnes en situation irrégulière

C’est la cerise sur le gâteau. La moitié des familles arrivées le 23 décembre à Saint-Genis-les-Ollières sont en situation irrégulière et sous le coup d’une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français).
En octobre, le préfet distribue des OQTF à tour de bras dans les bidonvilles. En novembre, une famille est même raflée, conduite au centre de rétention et expulsée immédiatement. (Elle reviendra quelques jours plus tard). Toutes les autres tremblent en attendant que la main de fer du préfet s’abatte sur eux. Toutes ? Et bien non. Pas les heureux élus apparemment. La France est un pays magnifique avec une justice à deux vitesses et à Lyon, le préfet tout puissant fait ce qu’il veut et peut même décider d’intégrer dans son programme les Roms qu’il vient pourtant de déclarer en situation irrégulière.
Dans les OQTF que nous avons pu consulter, le préfet précise pourtant : « considérant qu’il apparaît clairement que monsieur C. vit dans des conditions d’existence particulièrement précaires, qu’il n’a pas d’emploi déclaré, ne dispose pas de moyens de subsistances ou de ressources suffisantes… Considérant que cette décision ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu’il ne justifie pas d’une intégration économique et sociale notable… Monsieur C. ne dispose plus d’aucun droit au séjour… Monsieur C. a obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours »
En octobre, monsieur C. est donc un méchant Rom qui vit de mendicité, qui refuse de s’intégrer, qui n’a rien à faire en France et à qui le préfet ordonne de retourner en Roumanie. Et en décembre, monsieur C. est un gentil Rom à qui le préfet va payer le gite, le couvert, donner 4 € par jour et signer un contrat d’assistanat sur 3 ans. Elle est pas belle la vie ?

Alors grosse bévue de la préfecture ? Non. Il s’agit tout simplement d’une preuve de plus de la totale incompétence de l’état socialiste qui dans ce domaine comme dans d’autres fait absolument n’importe quoi.

Mais cette incompétence pourrait bien avoir des conséquences pour certains. Et oui, en France socialiste on n’aime pas les bénévoles qui viennent en aide aux étrangers en situation irrégulière. Ca s’appelle le « délit de solidarité » et ça vient d’être remis au goût du jour par le gouvernement avec la condamnation d’une retraité de 72 ans coupable d’avoir simplement accompagné à la gare deux Erythréens en situation irrégulière.
L’article L622-1 du CESEDA (Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et des Demandeurs d’Asile) stipule en effet que « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d'un étranger en France sera punie d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30 000 Euros ». (3)
Sur ordre du gouvernement, les juges sont redevenus impitoyables quand il s’agit de citoyens normaux. Que vont-ils dire quand il s’agit d’un préfet ? On est impatient de le savoir.


Cette histoire des Roms de Saint-Genis qui ne fait que commencer est emblématique à plusieurs niveaux.

Elle rappelle que nous ne vivons plus dans une démocratie où la loi est la même pour tous, mais dans un état de non-droit où des préfets tout puissants peuvent impunément violer la loi sans jamais être inquiétés.
Elle démontre l’hypocrisie insupportable d’une justice socialiste aux ordres qui d’un côté a la main très lourde sur les citoyens lambda et de l’autre autorise les puissants à violer impunément la loi.

Tout ceci devient de plus en plus insupportable. On a compris la stratégie électoraliste du parti socialiste qui consiste à faire monter le Front National le plus possible dans l’espoir de se retrouver au second tour face à lui.

Mais que les préfets, représentants de l’état républicain se transforment en vulgaires militants socialistes et se prêtent à ces petites magouilles politiciennes en violant les lois qu’ils sont censés faire respecter en dit long sur l’état de décomposition de notre pays.

Quand tout cela va exploser, il ne faudra pas s’étonner.