vendredi 28 novembre 2014

Une classe ethnique à l'école de la République Socialiste Laïque


Bron est une ville qui se situe dans la banlieue est de Lyon, dirigée par la sénatrice-maire socialiste Annie Guillemot, une des rares rescapées des municipales de 2014 qui ont vu tant de mairies socialistes tomber aux mains de la droite. Mais à Bron comme à Lyon, si les socialistes se maintiennent, ce n’est pas totalement par hasard, c’est aussi parce qu’ils savent mettre en œuvre une politique raciste et discriminatoire à l’égard des plus pauvres en général et des Roms en particulier.


D’expulsion en expulsion

Début août 2014, plusieurs dizaines de familles Roms sont chassées par un arrêté préfectoral d’un terrain qu’elle occupent depuis 3 mois. Sans attendre la décision du juge, le préfet, dans la torpeur de l’été, décide de les expulser sans autre forme de procès.
Après avoir erré une nuit, les familles décident de s’installer devant la mairie. Toute la journée, elles sont la cibles d’invectives et d’insultes racistes de la part des passants qui n’aiment pas bien voir cette misère insupportable sous leurs yeux.
En fin de soirée tout le monde, c’est-à-dire une centaine de personnes, décide de se rendre un peu plus loin à quelques stations de tramway sur un terrain inoccupé, en bordure du périphérique. Après un week-end sous surveillance policière, l’occupation est actée le lundi et une procédure judiciaire est engagée.


Refus de scolarisation puis classe ethnique

Début septembre des associations s’inquiètent de l’absence de scolarisation des enfants du bidonville. Alors que la loi l’y oblige, la mairie refuse pourtant d’inscrire les enfants à l’école « en raison du manque de places ». Le rectorat est contacté et un « camion école » passe dans le bidonville 2 fois par semaine. Cette formule permet à la mairie de dire qu’elle s’occupe bien de la scolarisation des enfants. Les semaines passent, tous les enfants vont à l’école, sauf les enfants Roms.

A force de pressions, en accord avec le rectorat et donc le Ministère de l’Education Nationale, la mairie se décide enfin à ouvrir une classe « UPE2A » (Unité Pédagogique pour Enfants Allophones Arrivants). Allô ? Non mais allô. Allo quoi ? Allophone… Un enfant allophone est un enfant dont la langue maternelle n’est pas le français. Jusque là, tout va bien. Sauf que…

Sauf que cette classe UPE2A qui a ouvert le 12 novembre 2014, est exclusivement composée d’enfants Roms du bidonville. 12 enfants sont inscrits. 12. Ce n’est pourtant pas la mer à boire. On aurait pu les caser facilement dans les classes existantes. Mais là, non. On appelle cela des choix politiques.
Le seul et unique critère pour être admis dans la classe qui vient d’ouvrir est un critère ethnique. Bravo l’intégration, bravo madame Valaud Belkacem, bravo les socialistes qui deviennent hystériques dès qu’on critique leur conception de l’école censée promouvoir l’égalité des chances pour tous.

Les conditions de scolarisation des enfants « allophones » sont pourtant très clairement définies par 2 circulaires d’octobre 2012. On trouve les modalités de fonctionnement de ces classes sur de très nombreux sites internet et en particulier celui de l’Education Nationale. (1)

« L'école est un droit pour tous les enfants résidant sur le territoire national quels que soient leur nationalité, leur statut migratoire ou leur parcours antérieur »… explique la circulaire. On nous explique ensuite que tout élève doit d’abord faire l’objet d’une évaluation avant d’être affecté dans une classe normale, avec les autres élèves.

Mais ça, c’est pour tous les enfants. Blancs, noirs, jaunes, verts, rouges, mais pas pour les enfants Roms. Après plus de 2 semaines de « classe » les enfants continuent de jouer au cerceau, de s’entraîner à la boxe et de faire des coloriages. Comment pourrait-il en être autrement puisque cette classe mélange des enfants de 6 ans n’ayant jamais mis les pieds à l’école et d’autres de 11 ou 12 ans qui étaient déjà scolarisés les années précédentes ?
Comment pourrait-il en être autrement puisque cette classe accueille des enfants qui ne parlent pas un mot de français et d’autres qui parlent comme n’importe quel enfant dont le français est la langue maternelle ?


Violation du droit français et international

Cette classe ethnique, réservée aux enfants Roms, constitue une triple violation des textes existants et qui obligent pourtant la France.

Violation de la circulaire du 12 octobre 2012 qui prévoit une inscription dans les classes normales. « Les élèves allophones arrivants ne maîtrisant pas la langue de scolarisation, en âge d'être scolarisés à l'école maternelle, les élèves soumis à l'obligation scolaire et les élèves de plus de 16 ans doivent être inscrits dans la classe de leur âge. »

Violation de l’article 4 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant qui stipule que les états signataires doivent protéger l’enfant « contre toute forme de discrimination ou de sanction motivées par la situation juridique, les activités, les opinions déclarées ou les convictions de ses parents, de ses représentants légaux ou des membres de sa famille ».

Violation de l’article 14 de la Convention Européenne de sauvegarde des droits de l’homme qui stipule que : « La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation. »


Les mensonges socialistes : de la Présidence de la République à la Mairie

Le mensonge est devenu la langue officielle du gouvernement socialiste et de la Hollandie. Mensonge sur les promesses électorales, mensonges sur le chômage, mensonge sur les impôts, mensonges du Ministre du Budget, chargé de la lutte contre la fraude fiscale sur ses comptes en Suisse…Mensonge à tous les étages, mensonges à tous les niveaux.

Le mensonge se décline donc aussi au niveau local. A Bron par exemple, la mairie a expliqué pendant des semaines qu’elle n’avait pas de place pour mettre une dizaine d’enfants dans les classes normales de la commune et maintenant, elle va expliquer que cette classe est temporaire, le temps d’affecter les enfants dans les classes normales.
C’est magnifique le socialisme. A la rentrée, il n’y avait pas de places disponibles pour accueillir les enfants Roms mais dès qu’une classe ethnique est dénoncée, on va nous expliquer que c’est temporaire, le temps de les affecter dans des classes qui ne pouvaient pourtant pas les accueillir à la rentrée…

Il faudra aussi que la mairie explique pourquoi les enfants Roms de sa classe ethnique n’ont pas droit à la cantine scolaire. Il n’y a plus de place ? Il n’y a pas assez à manger ? Ou alors la mairie socialiste ne veille-t-elle pas tout simplement à limiter au maximum les contacts entre les enfants Roms et les autres enfants « normaux » afin de ne pas provoquer la colère de ses administrés qui eux, ont le droit de voter ?

Il faudra aussi que la mairie explique pourquoi les enfants Roms de sa classe ethnique n’ont pas droit aux activités péri-scolaires. Vous savez, ces temps extraordinaires de partage, de convivialité, qui doivent permettre « d’aider les écoliers rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages, d’accompagner le travail personnel des autres élèves ou de mettre en place une activité prévue par le projet d’école, le cas échéant en lien avec le projet éducatif territorial. ». Pile poil ce qui conviendrait à des petits Roms à qui on apprend depuis leur plus tendre enfance qu’ils ne sont pas comme les autres.

Enfin, il faudra aussi que la mairie explique pourquoi tous les enfants de moins de 6 ans du bidonville sont exclus de l’accès à l’enseignement. C’est par manque de place également ? Alors certes, la scolarité n’est obligatoire qu’à partir de 6 ans. Mais alors si un parent français d’un enfant de moins de 6 ans se présente pour scolariser son enfant à la mairie de Bron, on lui répond que ce n’est pas obligatoire et on lui refuse l’inscription ? Ou alors le refus ne touche, encore une fois, que les enfants Roms ?


D’autres classes ethniques : du gymnase au commissariat

Sous Hollande, on a beau être socialiste, ce n’est pas la première fois qu’on pratique la préférence nationale et les classes ethniques. En janvier 2013, à Ris-Orangis, le maire socialiste M. Raffali avait eu l’idée extraordinaire de scolariser des enfants Roms dans un… gymnase…
Fin 2012, Mme Demontès, elle aussi sénatrice-maire socialiste, comme Mme Guillemot, avait eu l’idée encore plus géniale de scolariser les enfants Roms dans une classe située dans le même bâtiment que la police… Pour les cours d’éducation civique, on n’a pas encore trouvé mieux.

Le Défenseur des Droits, feu Dominique Baudis avait été saisi de ces cas de discrimination flagrants. Il avait été très clair :  « Le Défenseur des droits rappelle que les enfants ne peuvent accomplir de progrès tant dans l’acquisition de la langue que dans leur socialisation que s’ils sont en contact étroit et quotidien avec les enfants de leur âge qui n’appartiennent pas à leur communauté d’origine. ». Il avait exigé et obtenu la fermeture immédiate de ces classes et la scolarisation des enfants dans les classes normales, avec les autres enfants.


L’école Française, un modèle d’intégration ?

Où est-elle l’école républicaine et laïque ? Ou est l’égalité des chances ? Quelle hypocrisie de nous parler de l’égalité filles garçons alors qu’on sépare des enfants en raison de leur origine ethnique ?
Et oui, regrouper des enfants Roms ensemble, dans un classe spéciale, c’est très mal, c’est même illégal. En France socialiste, en 2014, on instaure pourtant, en toute impunité, un accès différencié à l’enseignement public en fonction de l’origine ethnique. Imaginez un seul instant une classe réservée aux enfants Juifs ou aux enfants Noirs. Impensable n’est-ce pas ? Pas en France… C’est pourtant exactement ce qui se passe à Bron avec les enfants Roms. Mais comme ils ne sont ni Juifs ni Noirs, personne ne trouve cela anormal.


Qui sent le plus mauvais ?

Ce week-end à Lyon, toute la gauche bien pensante se donne rendez-vous pour manifester contre ce qu’elle appelle « les idées nauséabondes » du Front National.
Bien sur, on n’entendra pas un mot, pas un slogan contre les discours racistes de Valls ou les pratiques hors-la-loi et discriminatoires du gouvernement socialiste qui vont bien au-delà de toutes les idées du FN. Chûûût. Au PS on manifeste juste contre les idées nauséabondes des autres, pas contre les pratiques nauséabondes de son propre camp.